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Présidentielles 2018 – Comment le septentrion fera osciller le pouvoir

Articulée autour d’un clivage sociologique, l’élection au Cameroun est fortement adossée sur les grands groupes sociologiques dont le poids démographique fait vaciller les suffrages et même les convictions. Du coup, les têtes de proue de la présidentielle à venir, en l’occurrence Maurice Kamto, Joshua Osih, Akere Muna et même Paul Biya doivent y regarder par deux fois quand vient pour eux le moment d’évaluer leur chance de victoire, surtout que cet électorat traditionnellement acquis au parti au pouvoir pourrait connaître une profonde et déterminante saignée à la faveur de la candidature d’un fils du terroir pouvant y rallier les voix de toutes les obédiences politiques en compétition.

Loin de résulter de quelque phénomène de mode qui voudrait que chaque composante sociologique majeure présente un étalon pour la présidentielle, celle attendue d’un originaire du Grand Nord-Cameroun résulte de la détermination des populations de ce ressort territorial d’en découdre avec cette marginalisation de fait qui les maintient dans la misère. Et entre frustrations longtemps contenues et aspiration légitime à l’avènement d’un leader politique plutôt vierge et suffisamment moderne le pari est en passe d’être gagné, à en juger par certaines indiscrétions tenant de ce que cette perle rare, n’en est pas moins un homme connu, moderne, qui a des idées, et dont la présence au-devant de la scène est loin d’obéir au mode opératoire récurrent des candidats que sont Joshua Oshi, Akere Muna, Maurice Kamto et autre Cabral Libii plus enclins à rechercher quelque notoriété personnelle, en jouant essentiellement sur des artifices électoraux à l’instar de la «Gandoura électorale», une tenue vestimentaire à la mode chez les prétendants à l’élection présidentielle. Pourtant, il ne suffit pas d’arborer quelque accoutrement vestimentaire pour espérer enrôler l’électorat des régions septentrionales qui constitue à n’en point douter, un important vivier électoral qui, n’a pas toujours bénéficié d’un retour d’ascenseur à la dimension de son engagement et son choix politiques.

Ce que j’ai vu là-bas, je ne vous le fais pas dire. Un nordiste, jeune, genre entre 35 et 50 ans, connu, peut faire très mal à tous ces candidats déclarés qui ne rêvent d’ailleurs que de la seconde place derrière le vainqueur certain de l’élection, Paul Biya. Et sans programme s’il vous plaît ! Il n’a même pas besoin de battre campagne, le reflexe communautariste et le sentiment de voir enfin l’un d’eux aspirer sérieusement à la magistrature suprême va se refléter dans les urnes.

Selon vous, pourquoi un nordiste voterait pour Oshi, Kamto, Muna ou Cabral s’il a un bon candidat nordiste sous la main ? Parce qu’ils auront trimbalé partout la «Gandoura électorale» ?  Parce que leur programme politique est en or massif ?  Pour dire que vous dites après que le nordiste n’est pas tribaliste tout en faisant votre bonheur ? Les gens s’en moquent aujourd’hui. Si l’on raisonnait comme ça, l’ANC en Afrique du Sud, qui concentre le vote noir pour se maintenir au pouvoir serait taxée de quoi ?

Dites que Eric Dikoumé est ceci ou cela. Moi je regarde toujours mon pays avec lucidité, comme il est, pas comme je voudrais qu’il soit.

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