Press "Enter" to skip to content

Présidentielle annoncée – L’improbable coalition de l’opposition

A l’orée de la présidentielle annoncée, de fortes rumeurs alimentent le paysage sociopolitique national quant à une éventuelle coalition des figures de proue de l’opposition candidats déclarés pour cette consultation électorale majeure.

Si on peut valablement y fonder des réels espoirs d’alternance, on en est néanmoins à émettre des réserves sur l’effectivité d’une telle option, eu égard à l’égocentrisme de ces aspirants à la magistrature suprême. En effet, si la fougue de Joshua Osih l’autorise à croire dur comme fer au ralliement à sa cause de l’électorat jeune qui voudrait s’identifier à lui, cet atout il devra d’abord le partager avec Cabral Libii qui se veut l’émanation de quelque volonté populaire, même si en la matière on ne saurait confirmer cette assertion. En effet, ce ne sont ni les réseaux sociaux autour desquels s’est construite sa candidature et encore moins les adeptes de ceux-ci qui pourraient faire basculer l’électorat en sa faveur, surtout qu’en la matière, il ne dispose d’aucune statistique fiable sur les électeurs se recrutant dans ce sillage. A côté de ces puceaux politiques, pourrait-on ainsi qualifier ces deux premiers candidats, les mêmes rumeurs leur accolent deux autres candidats ayant inéluctablement roulé leur bosse dans les arcanes du pouvoir, en l’occurrence Maurice Kamto et Akere Muna qui dès lors laissent traîner pour une certaine opinion des velléités de rancœur à l’encontre de leur ancien employeur commun. Mais cela ne suffit guère pour leur assurer partie gagnée, surtout que dans le même temps, ils doivent composer avec des formations politiques plutôt inconnues au bataillon, quand bien même le MRC de Maurice Kamto peut se targuer de jouir de quelque capital-sympathie pour avoir réussi la prouesse de supplanter certains de ses pairs de l’opposition, lors des dernières municipales.

 

Tares opérationnelles

Analyse faite donc, on en vient à conclure qu’en dépit de cette improbable coalition, ces postulants à la magistrature suprême ne sauraient valablement inverser la tendance actuelle qui donne largement vainqueur le RDPC et son candidat naturel. Ce, non pas strictement en raison de leur poids politique individuel, mais plutôt parce que cette formation politique occupe le terrain politique à longueur d’année sans attendre l’annonce des échéances électorales pour se mettre en branle. Du coup, elle a une longueur d’avance sur l’opposition qui croit aucunement à la popularité présumée de ses leaders sans véritablement investir le terrain politique en espérant plutôt sur les voix des populations frustrées et quelque peu revanchardes. Ce qui à notre humble avis est un piètre calcul politicien étant entendu que le vote par expérience au Cameroun a cessé d’être la résultante de quelque conviction adossée sur le programme politique mais plutôt les hommes qui en font, en l’occurrence tous ces relais politiques que représentent dans le cas d’espèces nos élites et gouvernement qui tous sont quasiment acquis au RDPC et à son champion. Aussi sera-t-il difficile de changer cette donne à travers quelques leaders qui, quand bien même ils peuvent émettre des idées novatrices et plutôt révolutionnaires dans le sens noble du terme, restent desservis par la modicité de leurs relais respectifs. En somme, face à la véritable machine électorale du RDPC, il en faudra davantage pour espérer ravir Etoudi à Paul Biya. Ce d’autant plus qu’avec autant de tares, il sera bien difficile à l’opposition de les combler en si peu de temps, surtout qu’elle ne peut ni compter sur la logistique étatique et encore moins réunir à temps les indispensables disponibilités financières requises pour battre une campagne suffisamment agressive sur l’ensemble du territoire national.

 

Bataille de cochers

Certes, nous n’y sommes pas encore, mais il faudra par ailleurs régler préalablement entre-eux la question de préséance, celle-là même qui a de tout temps rendu impossible la candidature unique de l’opposition après quatre élections présidentielles. Et même si on peut penser que le contexte est désormais différent et que ces leaders ont certainement tiré les leçons du passé, il n’en demeure pas moins vrai qu’en l’absence d’un second tour, il leur sera difficile de braver la présidentielle, haut la main comme ils le pensent déjà. Au total donc, même s’il est peu probable d’assister à un véritable raz de marée de la part de Paul Biya, il réussira une fois de plus à faire démentir l’impératif d’une coalition à son encontre n’en déplaise aux partisans d’un changement imminent. Tant il est vrai que les leaders de cette opposition n’ont de cesse de se livrer de véritables batailles de cochers, alors qu’il aurait suffi de quelque effacement de certains de ceux-ci qui, prenant l’engagement d’amener leur électoral présumé respectif à élire le leader convenu d’accord parties, pour espérer voir enfin l’alternance se réaliser. Mais se refusant chacun à une telle option, tous se bousculent littéralement au portillon, parlant de l’espace sociopolitique plutôt congru auquel les a confinés le RDPC.

Be First to Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *