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Grogne sociale à Hysacam

Les ouvriers de cette entreprise commise à la collecte d’ordures ménagères revendiquent des salaires impayés par voie de grève. Pendant ce temps, le Dg pointe l’Etat du doigt. Analyse et décryptage.

La grève des ouvriers d’hysacam dans les villes de Yaoundé et Douala a fait couler beaucoup d’encre et de salive, une entreprise ayant pourtant évolué de manière normale et régulière dans son fonctionnement au quotidien. Pourquoi ce mouvement d’humeur depuis quelques mois ? La société d’hygiène et salubrité du Cameroun (Hysacam) est une entreprise qui existe depuis plus de 30 ans. Chargée de l’assainissement et du toilettage de nos villes, pour que nos cités soient propres et insalubres, elle a toujours travaillé de manière correcte et parfaite. De la direction Générale, jusqu’aux services d’appoint, l’on avait jamais vécu des incidents majeurs au point que cela entraînât une grève ou un arrêt des prestations servies aux villes qu’elle dessert. En effet, elle compte 18 agences reparties  sur l’ensemble du territoire national. Alors comment en est-on arrivé à cette crise sociale déclenchée par les ouvriers de Yaoundé et Douala ?

En fait, tout commence par un décalage de salaire progressif allant du 05 au 25 du mois. Cependant les  ¾  des ouvriers ont contracté des crédits auprès des banques et micro finances. Ce décalage du paiement de salaire  a amené les banques à prélever un tiers 1/3 de salaire par deux fois. A titre d’exemple,  un ouvrier qui gagne 45000f se retrouve avec 15000f délesté ainsi de 30 000 F. Puis, on est passe à deux mois de salaire impayés. Certains ouvriers se retrouvaient avec zéro franc sur leur bulletin de paie. Voilà donc l’élément déclencheur de la grogne sociale en cours à Hysacam.

 

Pourrissement

Ceux des ouvriers que nous avons approchés avancent la thèse selon laquelle, le ministère des finances ne débloquerait pas l’argent à temps. Ce qui crée un décalage dans le paiement des salaires. D’autres rapportent davantage que le Directeur Général perçoit  l’argent à temps mais compte tenu de ses engagement extraprofessionnels, tels que les marchés publics, ses multiples sociétés personnelles à l’instar de la S.E.C.A. Il utiliserait cet argent d’abord à des fins personnelles, puis, désintéresse les ouvriers d’Hysacam ensuite. Le principal syndicat, dudit secteur serait corrompu ou de connivence avec le même Directeur général, Monsieur NGAPANOU. Ceux des employés qui se sont rapprochés des medias, notamment la télévision ont été simplement licenciés, après plus d’une dizaine d’années de service. Ils cherchent des  solutions et conseils, pour rentrer en possession de leurs droits. Ces licenciements abusifs enveniment davantage la situation. Par ailleurs, on décrie l’insuffisance de matériels roulants, pour un travail de qualité. Pire encore, les liens filiaux sont le critère par excellence de recrutement au sein de cette entreprise qui jadis, se voulait noble. Voilà autant d’irrégularités que nous avons constatées lors de notre enquête. Toutefois, l’Etat lance un appel d’offres pour une société concurrente qui assurera les mêmes prestations qu’Hysacam, à travers l’arrêté du Premier ministre en Décembre 2017,  le chef d’agence de Douala Docteur YEMEULE Pierre, dépassé par l’événement rejette la faute en bloc sur sa hiérarchie. Il a appelé les ouvriers au bon sens et à la reprise du travail. Car Hysacam compte à son actif plus de 3000 ouvriers dans ses différentes représentations.

 

Sortie de crise

La piste de solution, la plus idoine est le paiement des arriérés de salaires. Les ouvriers pour les calmer ont perçu  un mois de salaire sur deux. Cela a juste stoppé l’hémorragie, mais la situation reste tendue. Bien qu’il y ait reprise d’activité, le non motivation des ouvriers est intact. Embauchés et immatriculés à la C.N.P.S, l’assurance maladie et l’assurance de travail demeurent une quête permanente, du fait de non prise en charge des ouvriers malades, quand on sait que ce secteur est sensible et expose le personnel à d’éventuelles maladies. Nous assistons à la thèse : «plus tu travailles, plus tu t’appauvris et le monde autour de toi s’enrichit» c’est-à-dire le patronat.

Le deuxième axe de réflexion, serait de créer un syndicat véritable qui puisse revendiquer les droits des travailleurs en amont, avant même qu’une quelconque crise n’ait lieu. Les ouvriers doivent s’unir pour parler d’une même voix et avoir un même langage car parmi eux, il y a des bouches cousues du fait des liens de parenté évoqués plus haut. Au moment où le Directeur général multiplie les entretiens et les rencontres tous azimuts, la situation semble sous contrôle.

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