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Santé et sécurité sociale – Le nœud gordien pour l’épanouissement des travailleurs

Vu leur condition de précarité, les travailleurs au Cameroun sont dans l’impasse face à l’incapacité de leurs employeurs à leur assurer une sécurité sociale conséquente.

Analyse faite   au su de la situation des travailleurs Camerounais qui vivent plutôt dans les conditions difficiles qui sont les leurs, on en vient à penser que leur statut est resté inchangé, en dépit de moult revendications pour la voir améliorée et ce, depuis des années. Tant il est vrai que le code du travail devant régir leur quotidien professionnel et la réalité qu’ils vivent sur le terrain sont incompatibles, quand bien même on assiste par ailleurs à la création sans cesse de nouvelles entreprises. A preuve, à peine la fête du travail est célébrée au Cameroun que les travailleurs sont à nouveau voués à leur triste destin : celui de leur précarité. Dès lors, leur situation reste chaotique, en dépit des promesses qui leur sont faites pour son amélioration. Suffisant de comprendre que leurs salaires soient dérisoires, en ceci qu’ils font fi des primes et autres allocations familiales auxquelles ils ont pourtant droit. Ils ne savent plus où mettre la tête. Et c’est dans cette mouvance que certains nous confient percevoir moins de 30 000F de salaire mensuel, salaire qui n’intègre de surcroît pas l’indispensable couverture sanitaire et autres assurances relevant de la sécurité sociale.

Plus grave, dans un pays où l’on combat la corruption avec la dernière énergie, à travers divers organes à l’instar de la Conac, l’Anif et bien d’autres encore, ces employeurs réussissent néanmoins la prouesse d’entuber tout le monde en opérant des ponctions salariales indues en simulant l’affectation desdites ponctions aux organismes dédiés tels la Cnps, alors qu’à la réalité il n’en est rien. Devenant par le fait même qualifiés pour l’Opération Epervier, on comprend aisément que certains desdits employeurs soient repris par le contrôle supérieur de l’état et assignés au TCS pour détournement de deniers publics. C’est dans ce contexte déplorable que le Ministre du travail et de la prévoyance sociale Grégoire OWONA a convoqué le 25 Mai 2018 dernier, une réunion de crise au sein de son département ministériel. Question de mettre sur pied des stratégies pour l’amélioration des conditions des travailleurs au sein de différentes entreprises. Toutes les parties prenantes y ont été conviées, notamment le patronat, les syndicats et représentants des employés à l’effet de cogiter et de trouver des solutions en vue de l’amélioration des conditions des travailleurs.

 

Avancées à venir

Conclave au terme duquel des résolutions ont été prises. En fait, il s’est agi dans un premier temps de veiller sur l’applicabilité des droits du travailleur tels que stipule le code du travail. Dans un second temps, mettre un accent sur le respect des contrats de travail, déclarer les employés à la C.N.P.S et éviter des licenciements abusifs. Et quand bien même il y eut des débats houleux entre les parties, au sortir de cette réunion, le ministre a promis un contrôle permanent, au travers des descentes qui seront faites dans les entreprises pour tâter du doigt la mise en pratique de ces résolutions et surtout vérifier les changements de la vie des employés. Aux syndicats, il a édicté l’impératif d’instruire davantage les employés sur la maitrise de leurs droits, quitte pour ce faire à se  rapprocher des agents publics de son département pour s’en imprégner.

 

Déplorable démagogie

Toutefois, on en était pas à la première initiative du genre, à croire que de tout temps on s’en était tenu à des discours qui, comme on le dit vulgairement restent généralement sans effets probants, eu égard au statu quo de la situation de l’employé depuis de nombreuses années. Aussi en vient-on à se demander qu’est-ce qui coince et pourquoi après tant d’engagement, le travailleur moyen demeure dans la précarité, dans l’indigence et à la limite dans la mendicité ? Pire encore pour être servi de manière normale, il faut monnayer le moindre service ou prestation, d’où la pérennité de la corruption en dépit de nombreuses initiatives visant à y mettre un terme. Du coup, on comprend les appréhensions de certains syndicats qui soupçonnent la parfaite collusion entre le ministère du travail et de la sécurité sociale et le patronat via les promoteurs d’emplois. Ceci étant l’on peut affirmer que la volonté et surtout le bon droit doivent émaner de tous les maillons de la chaine, pour que l’employé puisse vivre du fruit de ces efforts de manière descente.

Ces pauvres employés ne parviennent pas à joindre les deux bouts. Ne mangent pas à leur faim, leurs enfants ne vont pas à l’école, pas de couverture sanitaire, des malades meurent par manque de prise en charge. Le tableau est noir et lugubre  sans la moindre tache blanche pour une sortie réelle de cet état de dénuement quasi-généralisé. Seulement comme on a l’habitude de le dire, l’espoir fait vivre. Alors vivons dans l’espoir en entendant que cette situation s’améliore ne serait-ce qu’un tout petit peu.

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