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Secteur de l’eau – Conséquences de la rupture du contrat de la CDE

Il aura fallu plus d’un an pour que soit bouclé le processus de clôture du contrat d’affermage avec la Camerounaise des eaux (CDE). Des péripéties qui indiquent à suffisance que la nouvelle donne, sera à la limite de la renationalisation du secteur de la production et la distribution de l’eau potable au Cameroun.

Si de fait, le volet production jusqu’alors tenu par la Camwater semblait moins enclin aux récriminations des consommateurs, il n’en demeure pas moins vrai qu’on pourrait néanmoins émettre des réserves quant au strict respect par ladite entreprise des délais de mise en œuvre des différents chantiers participant autant de l’amélioration de l’offre que de l’extension incidente du taux de couverture du triangle national, en ce qui concerne l’approvisionnement en eau potable. Un tableau d’ensemble qui est dès lors loin d’être idyllique et induit conséquemment des tares à combler au plus tôt. Et dans ce registre singulier, il ne fait point de doute que la tâche incombera désormais à la Camwater pour taire ces récriminations et faire du secteur de l’eau, un secteur aussi dynamique que viable à même de se prendre véritablement en mains. Aussi peut-on comprendre qu’en marge du bouclage dudit dossier et de la reprise des actifs de la Cde par la Camwater, les deux entités aient entrepris  de faire procéder à l’inventaire, la valorisation et l’inscription dans les comptes des biens et droits affectés au service de l’eau, la restitution des biens de retour en état normal d’entretien et de fonctionnement à l’Etat, l’évaluation et la répartition des droits réciproques. De même, le gouvernement a pris «toutes les dispositions nécessaires en vue de la reprise en main prompte par la Camwater, de la gestion de l’exploitation des services jusque-là affermés, notamment l’administration, le personnel, les équipements, le matériel, les archives, etc.», avant la prise par le chef de l’Etat d’un «décret portant reversement des activités susmentionnées à la Camwater».

 

Restaurer la gouvernance

Pour rappel, cette rupture de contrat avait instruite par le Chef de l’Etat lui-même fort de ce qu’en plus de l’aggravation des difficultés observées dans la distribution de l’eau potable dans les grandes métropoles camerounaises, il a également été relevé une collusion d’intérêts entre des membres du gouvernement camerounais et les actionnaires de la CDE. Ce qui bien évidemment laissait supposer une forte propension aux délits d’initiés de la part de la CDE, quand bien même cette dernière se sera présentée, au moment de bénéficier du contrat d’affermage sous la bannière d’une filiale locale du consortium marocain dénommée Office national de l’eau potable (Onep) avec en toile de fond, la matérialisation d’une coopération sud-sud encouragée par l’Union africaine. Mais avec du recul, on se sera vite rendu compte qu’il s’est agi d’un savant sauf-conduit trouvé par ceux-là même qui avaient été commis pour diligenter le processus de privatisation de  la défunte Snec combattue en son temps par quelques nationalistes qui y voyaient une braderie indue et inopportune d’une partie de notre souveraineté. Du coup, on devrait assister à brève échéance à une préoccupation plus ardue pour la gouvernance à tous points de vue, elle-même adossée sur une définition plus affinée des objectifs à assigner à ceux commis à la gestion dudit secteur. En somme, d’aucuns y voient le parachèvement du ménage que semble avoir engagé l’exécutif camerounais dans le secteur de la production et de la distribution de l’eau potable dans le pays, depuis février 2016. Une option qui, en plus de mettre un terme aux atermoiements stratégiques, devra enfin assainir ce secteur plutôt névralgique.

 

Améliorer la rentabilité induite

Au demeurant, la subsistance des récriminations évoquées supra pourrait s’entendre une gestion approximative des ressources financières mobilisées pour réaliser le programme d’investissement minimal sensé apporter des réponses probantes aux attentes légitimes des populations en matière d’approvisionnement en eau potable. Du coup, leurs récriminations à ce propos vient simplement entériner une gestion à la fois irrationnelle et inefficace qui devra cesser d’être de mise, avec l’extension des prérogatives de la Camwater, dès avril prochain, date annoncée du reversement des activités jusqu’alors dévolues à la Cde, à la première entité citée. Et quand bien même nous n’y sommes pas encore, il y a d’ores et déjà lieu d’attirer l’attention des dirigeants de la Camwater sur l’impératif qui est désormais le leur à inscrire en première ligne, l’amélioration de la rentabilité induite des investissements aussi bien à venir, que ceux hérités de cette fusion-absorption officialisée depuis peu. Des enjeux que ne sauraient bien évidemment pas ignorer lesdits dirigeants qui savent mieux que quiconque, la forte mobilité que connaît le poste de responsabilité qui est le leur et qui semble articulée, sur la fréquence des récriminations des consommateurs. Avis donc.

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