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Secteur du ciment – A quand un prix plus compétitif du sac ?

L’exploitation du gisement de calcaire de Mintom pourrait réduire de près de 50% le prix du ciment, à en croire le directeur de l’Institut de recherches géologiques et minières (IRGM), Joseph Victor Hell.

S’exprimant devant le patronat camerounais il y a deux ans exactement, ce dernier avait indiqué que l’exploitation du gisement de calcaire de Mintom, localité située dans la région du Sud-Cameroun, provoquerait une baisse de l’ordre d’environ 50% sur le prix du sac de ciment produit localement. Aussi, avait-il invité les opérateurs économiques à investir dans ce projet, qui a la particularité de pouvoir infléchir la courbe des prix sur le marché camerounais du ciment. Mais curieusement, les prix du ciment au Cameroun sont restés alignés sur ceux d’il y a 5 ans (4800 FCfa le sac de 50 Kg), malgré une concurrence de plus en plus rude du fait de la multiplication des cimenteries dans le pays. Par exemple, début 2015, le groupe marocain Cimaf est venu mettre un terme à 48 ans de monopole de Lafarge, groupe français qui contrôle le capital des Cimenteries du Cameroun (Cimencam). Après Cimaf, le Nigérian Dangote Group et le Turc Eren Holding se sont invités sur le marché camerounais du ciment, en offrant au pays sa 3e et sa 4e cimenterie. Aussi, les capacités de production cumulées dépassent-elles désormais les 4 millions de tonnes, pour une demande locale qui culmine à 3 millions de tonnes. Mais les prix, eux, sont restés inchangés. Contrairement à la loi de l’offre et de la demande.

 

Homologation préjudiciable

En octobre 2015, lors d’une rencontre avec les opérateurs de la filière des matériaux de construction, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, avait ouvertement soupçonné les producteurs de ciment en activité au Cameroun d’entente illicite sur les prix. «Il y a un jeu autour du prix du ciment que le gouvernement ne peut plus cautionner. Visiblement, vous vous êtes entendus pour nous imposer le prix homologué. On va donc revoir tout cela», avait-il déclaré. Pourtant, ledit prix aura été instauré en son temps par le même gouvernement qui croyait ainsi juguler la tendance à l’inflation galopante et plutôt engendrée par des opérateurs économiques véreux qui entretenaient des pénuries fictives sans corrélation directe avec quelque déficit de production. Or depuis quelques années le secteur du ciment connaît un boom de la production nationale au point même qu’il a été décidé la suspension des importations de ciment alors édictées pour résorber le déficit structurel de l’offre d’alors. Malheureusement, plus d’un an après cette dénonciation et la promesse de remettre les pendules à l’heure, les prix du ciment sur le marché camerounais oscillent toujours entre 4700 et 5000 francs Cfa, respectivement pour le produit local et importé, comme ce fut déjà le cas il y a plus de 5 ans, du temps du monopole de Cimencam.

A l’origine de cette cherté du ciment, les producteurs locaux ont toujours mis à l’index les prix du clinker, matière première importée qui est produite à base du calcaire, minerai dont un gisement estimé à 540 millions de m3 est enfoui dans le sous-sol de la localité de Mintom. Au début des années 2010, le gouvernement camerounais et la société chinoise CATIR avaient signé un accord visant à implanter une unité d’extraction et de transformation du calcaire pour produire du clinker dans cette localité. Le projet n’a pas décollé jusqu’ici. Et avec le maintien en l’état du coût d’unité d’œuvre, on voit mal comment les cimenteries en activité pourraient revoir à la baisse leur prix de cession du sac de ciment, surtout que le marché local en demande énormément pour la mise en œuvre de nombreux chantiers s’inscrivant dans le cadre des projets structurants.

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