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Port autonome de Douala – Chute de 50% du bénéfice net en 2017

Le Port autonome de Douala (PAD), l’entreprise publique qui gère la plateforme portuaire de la capitale économique du Cameroun, a clôturé l’exercice budgétaire 2017 par un résultat net bénéficiaire de 455,5 millions de francs Cfa, annonce l’entreprise dans un communiqué ayant sanctionné le Conseil d’administration tenu le 24 mai 2018.

Comparé aux 940,5 millions de francs Cfa engrangés au cours de l’exercice budgétaire précédent, cet indicateur est en recul de 50%. Cette contre-performance peut s’expliquer par le ralentissement des activités au sein de cette plateforme portuaire, non seulement du fait d’une conjoncture économique globalement morose, mais surtout par le déficit de fluidité dont souffre le port de Douala. En effet, a rappelé le directeur général du PAD, Cyrus Ngo’o, en signant une convention de partenariat avec la direction générale de la douane, le 28 mai 2018 à Douala, cette plateforme portuaire, dimensionnée en 1980 pour le traitement d’un trafic d’environ sept millions de tonnes de marchandises, traite désormais plus de onze millions de tonnes de marchandises par an. Alors que, a-t-il souligné, «depuis 1980, il n’y a pas eu d’investissements majeurs pour accroitre les capacités d’accueil des navires et de traitement des marchandises».

 

Mutations à venir

Aussi, afin d’inverser cette tendance, Cyrus Ngo’o annonce-t-il un ambitieux programme d’investissements, dès cette année 2018. Il s’agit, par exemple, de l’enlèvement des épaves de navires qui permettra de libérer certains quais au port de pêche et plus de sécurité à la navigation ; l’acquisition d’une nouvelle drague aspiratrice de 3 000 m3 de puits et la remise en service très prochaine de la drague Chantal Biya ; l’accroissement des capacités d’accueil aux navires, avec notamment la construction de 750 mètres linéaires de quais sur la rive droite du fleuve Wouri à Bonabéri et la construction d’un duc d’albe, ouvrage d’appontement pour navires pétroliers, etc. Des mutations qui augurent, l’avènement d’une ère nouvelle articulée sur une approche managériale différenciée y implémentée par Cyrus Ngo’o, quand bien même les adeptes du statu quo ante voient en ses options stratégiques la dislocation de leur réseau maffieux qui avait pourtant sabordé de tout temps la rentabilité induite du Port autonome de Douala en y alimentant de gros scandales financiers. Des scandales qui eurent pour conséquence l’érosion de la crédibilité du Port autonome de Douala en gelant de manière incidente les concours de ses partenaires qui craignaient en réalité pour la dévolution réelle de leurs mises respectives. Fort heureusement la saignée financière qu’essuya le Port autonome de Douala put être altérée avec la mise aux arrêts de ses précédents dirigeants statutaires.

 

Retour à l’orthodoxie

Au demeurant et en dépit de ces performances plutôt mitigées, on ne saurait méconnaître à Cyrus Ngo’o d’œuvrer à sa manière pour quelque retour à l’orthodoxie en engageant notamment le Port autonome de Douala dans une opération de rationalisation de son coût d’exploitation en l’expurgeant de dépenses dispendieuses à l’instar de celles jusqu’alors en vigueur pour le dragage du chenal, sans que pour autant cette activité permette au port autonome de Douala de voir ses quais accueillir des navires plus grands, comme cela devrait l’être avec des opérations de dragage efficaces. En fait, les prédécesseurs de Cyrus Ngo’o y ont tous fondé leur enrichissement illicite qui les aura perdu pour la plupart à l’exception peut-être de feu Emmanuel Etoundi Oyono qui ne fut guère enrôlé dans les commissions occultes émanant des structures jusqu’alors commises au dragage du chenal dudit port afin d’en améliorer le niveau du tirant d’eau. Or, il est de notoriété qu’avec l’acquisition d’une nouvelle drague, le Port autonome de Douala réalisera d’importantes économies, non sans que cette acquisition induise par ailleurs de nouvelles possibilités d’emplois pour les nationaux, pour peu que cette entreprise publique entreprend de greffer à ses départements opérationnels, un supplémentaire dédié à la gestion de la drague attendue incessamment. Comme quoi, le Port autonome de Douala devra ainsi renouer avec des performances mélioratives à très brève échéance.

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