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Nouvelles exigences des sécessionnistes

Les autorités administratives, religieuses et traditionnelles du Nord-Ouest exigent l’ouverture d’un débat sur la forme de l’Etat avec en toile de fond, un éventuel retour au fédéralisme et la réinstauration d’un système d’équité pour tous les citoyens, entre autres.

C’est ce qui ressort des consultations initiées fort à propos par la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme qui a séjourné à Bamenda à l’effet d’explorer de plausibles pistes de sortie de la crise anglophone. Et à en juger par la pléiade de suggestions que cette commission a enregistrées lors des échanges entre ladite commission et les représentants des ressortissants du Nord-Ouest, les 30 mai et 01er juin. S’il s’est agi d’une réelle avancée dans l’optique d’une cessation des hostilités dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, il n’en demeure pas moins vrai qu’en y annexant certaines exigences sans lien évident avec le mal-vivre ambiant à l’origine des revendications initiales des ressortissants de ces deux régions du pays. Il en est ainsi notamment de cette exigence tenant du rapatriement préalable de la dépouille de feu Ahmadou Ahidjo et surtout d’un dialogue franc et sincère entre le gouvernement et les anglophones, notamment ceux de la diaspora qui semblent pourtant tirer les ficelles en filigrane, se rendant coupables d’atteinte à la sûreté de l’Etat. Toutes exigences qu’on peut considérer de surenchères politiciennes, au même titre que cette autre exigence inhérente à un dialogue sur le fédéralisme. Dans le même registre, on pourrait également adjoindre la mise en place des conditions favorables pour le retour des déplacés internes et réfugiés dans leurs domiciles, alors qu’en réalité ils n’y ont pas été contraints ou encore  que  la double nationalité soit autorisée pour les ressortissants camerounais.

 

Amalgame

A l’évidence, il s’agit d’un amalgame entretenu à dessein à l’effet d’accuser le gouvernement de se refuser à tout dialogue et de disposer ainsi d’un savant alibi pour assouvir les velléités sécessionnistes  alimentées par ceux-là même qui n’ont pas hésité à prendre les armes pour défier nos forces de défense régulières. Toutefois, on ne saurait leur renier certaines autres exigences ayant davantage partie liée au mal-vivre évoqué supra, à l’instar de l’accélération du développement infrastructurel dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, ou que des instructions soient données aux entreprises et établissements publics de mener les transactions dans les deux langues ou encore que l’histoire du Cameroun soit revisitée. Les populations du Nord-Ouest attendent aussi que la situation des personnes exilées du fait de la crise soit revue, souhaitent que la loi antiterroriste adoptée en 2014 soit abolie. Elles demandent également une amnistie générale pour tous les anglophones incarcérés depuis la survenue de la crise en octobre 2016 et, surtout, que la dépouille de l’ancien président Ahmadou Ahidjo soit ramenée au Cameroun. Ainsi prises, ces exigences se démarquent inexorablement des récriminations du mal-être ambiant des ressortissants des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Et sauf de croire que ces derniers entendent plutôt muer la démarche de la commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme en une sorte de dialogue de sourds où les parties ne s’obligent guère à appréhender les enjeux réels en se contentant uniquement de camper dans des positions plutôt figées et non susceptibles de favoriser quelque compromis. Si cela était, alors on peut penser une nouvelle fois qu’on n’est pas sorti de l’auberge, parlant de la crise anglophone.

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